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28 juin 2009

Virtuality, Review

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Virtuality est la nouvelle série de Ronald D. Moore, le producteur du remake de Battlestar Galactica, et raconte l'odyssée du Phaeton premier vaisseau à s'aventurer hors du système solaire et de ses 12 membres d'équipage, alors que la destruction imminente de la biosphère terrestre va les obliger à rallonger de dix ans leur mission. Pour supporter l'isolement, un système de réalité virtuelle est utilisé par le personnel. Mais un programme malicieux se met à perturber ce merveilleux monde fictif, rendant la réalité de moins en moins supportable.

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Le pilote d'une heure trente a été diffusé sur la FOX le 26 juin 2008, et avec une audience de 1.8 millions, il y a peut de chance que la série dépasse une saison, la FOX étant connue pour annuler les séries plus vite que son ombre.

On peut se demander ce qui a poussé Moore à quitter le giron de SyFy. Après la fin de la série culte Galactica, il n'est pas resté pour gérer le spin off, Caprica (mais il reste un des producteurs), et a préféré partir à l'aventure sur la chaine Fox, pourtant connue pour n'apporter un soutient qu'à ce qui marche en terme d'audience. Peut être la bataille entre SyFy et Moore sur le type de narration y est pour beaucoup. Pour mémoire, le network désirait une série faite de d'épisodes stand alones alors que Moore lui, prévoyait des arcs narratifs.

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La pression fut telle que la troisième saison de Galactica fut composé principalement de stand alones. devant la perte d'audience et les critiques catastrophiques, la chaine dû changer son fusil d'épaule et laisser Moore faire comme il l'entendait pour la saison 4. Mais la question se reposa lors de la pré production de Caprica.

Voila qui explique en partie le départ de Moore vers d'autres cieux. Mais la ligne directrice qu'il maintient depuis quelques année reste la même sur Virtuality, même si à la lecture du pitch, on ne peut s'empêcher de repenser aux début du producteur.

Pendant des années, Ronald D. Moore a en effet officié sur les séries Star Trek. Mais, après une bonne grosse overdose de téléportation et autre changement d'harmonique des boucliers déflecteurs, le talentueux scénariste préféra aller voir ailleurs. après avoir travaillé sur trois des séries, Moore avait l'impression de se répéter et souhaitait passer à un autre type de science fiction, moins utopique et plus proche du réel.

Hors, le pitch de Virtuality fait furieusement penser aux épisodes Holodecks de Star Trek, ou les héros se retrouvaient enfermé dans une simulation qui tourne mal. Utilisé à de (trop) nombreuse reprise, cette ficelle scénaristique parait usée et loin du standard de qualité voulu par Moore sur ces dernières séries.

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Quand on visionne le pilote, on voit tout de suite qu'on est très loin de l'univers de Star Trek, et bien plus proche d'une SF réaliste à la 2001, Sunshine ou Solaris. L'univers virtuel est présenté comme un jeu vidéo particulièrement luxueux, sans danger pour la santé, et au contraire, bénéfique pour le moral de l'équipe.

Mais on ne peut réduire Virtuality à une version rallongée (série télé oblige) de 2001. Nous ne sommes plus dans les année 60, et les producteurs le savent bien. Ainsi, la mission du Phaeton se double d'un reality show. La surveillance de l'équipage est total, ce qui renforce encore la dépendance de celui-si vis à vis de la réalité virtuelle, devenu le seul espace d'intimité.

A la notion de crédibilité scientifique chère à tout un pan de la SF, se rajoute ici la crédibilité psychologique des personnages, qui permettra sans doute à la série de durer. Le pilote ne permet évidement pas d'approfondir tout les personnages, mais on ressent déjà qu'ils ont été bien travaillés. Le couple homosexuel, pour l'instant les moins développés et les plus caricaturaux, comme on en trouve plein dans les télé réalité, seront aux dires de Moore des personnages extrêmement complexes et intéressants.

Le coté claustrophobique et paranoïaque de la série est exacerbé par le sentiment de surveillance continuelle instillé par la réalisation de Peter Berg (Hancock et le prochain Dune). L'action est continuellement montré par l'objectif des caméras de surveillances, et le montage même de ces images par un des personnages nous est montré. La terre n'est évoquée que par l'intermédiaire d'écrans et d'images fixes, et le pilote se contente de filmer la réalité de l'isolement du Phaeton et de son équipage sans jamais en sortir.

Lent mais intense, bien interprété, mais manquant encore bizarrement d'enjeux, la série reste prometteuse, si la FOX ne l'annule pas !

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