RedGe blog

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03 juin 2009

L'Europe et la guerre

politique_banniere

Libération.fr vient de publier une tribune titré l'Europe doit être prête à la guerre, écrite par Mr Peter Van Ham, directeur de Global Governance Research et professeur au Collège d'Europe de Bruges.

Mr Van Ham y développe une théorie sur la nécessité pour l'Europe d'entrer en guerre, voila à le mérite de ne pas prendre de gants.

Commençant son article par une belle affirmation gratuite, "l’Union européenne présente tous les symptômes de la décadence". Ce n'est pas forcément sans fondements, mais l'auteur pour la justifier prend pour exemple l'incapacité de se défendre contre la Russie et la Turquie. Vous ne saviez pas que les russes et les turcs nous avaient envahis ? Ah, non, on me fait signe que tout vas bien, en fait l'auteur souhaitait simplement rappeler que la violence régissait encore parfois les relation entre les états...

Et ça continue dans le même tonneau, avec le rappel que le "mythe fondateur (de l'Europe) est celui d’une paix éternelle et la conviction que les États doivent régler leurs problèmes par la négociation et le compromis", et un parallèle avec Rome, tombée sous les coups des barbares à cause du manque de combativité de ses citoyens, "Ils avaient perdu le courage et la foi."

balles

A ce  stade, le lecteur à déjà envie de rappeler au grand professeur qui écrit ces lignes que l'Europe s'est construite sur la volonté de faire la paix, mais surement pas sur un mythe fondateur lénifiant. Et surtout que la chute de Rome a des raisons bien plus profonde que le supposé pacifisme de ces citoyens.

Après avoir eu la satisfaction d'expliquer le risque pour l'Europe de s'enfoncer dans un pacifisme angélique, Mr Van Ham se met en tête d'identifier des ennemis, et là, il n'y vas pas par quatre chemins. Ce n'est "pas les Etats-Unis, ni même la Chine ou la Russie. Ce qui la menace, ce sont, par exemple, l’immigration illégale, qui déstabilise son modèle de société, ou encore l’islam extrémiste. Dans un proche avenir, les armes nucléaires iraniennes représenteront également un danger pour l’Europe."

Vous l'aurez compris, les méchants, ce sont les pas comme nous, si possible musulmans et armés avec les mêmes armes que nous, les salauds.

destruction

Après avoir identifié le méchant de l'histoire, il faut justifier la violence. Il commence bien, le grand professeur, en partant sur la notion de "héros européens", et la nécessité de passer d'une politique trop "féminine" à du vrai musclé, du bien viril. Et l'auteur de rappeler que c'est les guerres qui font les identités et que donc, pour avoir une vraie identité européenne, il nous faut la première guerre européenne.

Ensuite c'est tellement énorme que je vais me contenter de citer : "L’Union doit se défaire de son image aimable, féminine. Il est essentiel qu’elle devienne «méchante» et s’engage dans des interventions militaires, même sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.Elle ferait ainsi savoir à ses partenaires internationaux que l’«Europe» joue en ligue des Champions, et en même temps, elle signalerait à ses citoyens que c’est elle (et non pas les Etats qui la constituent) qui prend en charge les affaires de sécurité et de défense."

La conclusion de tout ceci est édifiante; "L’Union doit affirmer qu’une guerre pourrait être nécessaire pour protéger notre idéal et nos intérêts communs, surtout au moment où l’euroscepticisme relève la tête et le patriotisme est de retour. Ainsi les Européens se sentiront européens, ils prendront conscience qu’ils forment véritablement un tout, qu’ils ne partagent pas seulement une histoire mais aussi un destin. Montrer est plus important que parler. Ce n’est que lorsque les citoyens européens comprendront qu’ils doivent défendre côte à côte leurs intérêts et leurs valeurs, qu’ils affirmeront être prêts à faire le sacrifice suprême, qu’ils parviendront à réaliser l’importance de l’Union, à donner naissance à une identité européenne."

vautour

Ce qu'il nous faut pour accepter l'Europe, c'est une bonne guerre. La dangereuse exception de la guerre d'Irak mené par George W. Bush est elle en train de faire des petits ? En effet, avant cet épisode malheureux, il fallait noter une différence fondamentale entre les dictatures et les démocraties, c'était le principe d'agression. Si les dictatures n'hésitaient pas à recourir à la force directe pour arriver à ces fins, la démocratie elle, n'attaquait qu'en cas d'agression directe contre elle ou ses alliés.

Le précédent d'attaque directe d'un pays sans provocation par une démocratie ne pouvait rester longtemps sans avoir valeur d'exemple. Et voila que des "Intellectuels" commence à théoriser sur un devoir de guerre pour les démocraties. Il faut bien trouver des justificatifs idéologiques pour une telle chose, sinon, comment le faire accepter au plus grand nombre.

Pour ce petit tour d'essais, je ne pense pas que cela vas convaincre grand monde. La ficelle est grosse quand même. Pour créer un sentiment européen fort, plutôt qu'une guerre, pourquoi ne pas faire une Europe plus démocratique et plus sociale. Au lieu de nous réunir dans la souffrance, une communion d'intérêts devrait quand même être capable de faire l'affaire, non ?

Cette petite mascarade à au moins l'intérêt de révéler au grand jour jusqu'où sont capable d'aller certains europhiles pour sauvegarder leur vision étriqué de la construction Européenne.

Libe_Rimbert

Et cela permet aussi de porter un jugement sur le journal de "gôche" qui publie un tel ramassis de conneries sans le moindre commentaire ni recul.

Posté par RedGeBlog à 00:41 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Que reste-t-il de la gauche?

    Et surtout de la presse dite de gauche?
    Charly Hebdo => passé de l'autre côté
    Libération => tu viens d'en publier une nouvelle preuve

    ... (

    Posté par dropdrop, 03 juin 2009 à 08:36

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